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De la violence armée hors conflit

Posté par Fondation Chirac le 17 décembre 2010

Récemment, la fondation Chirac a assisté à une journée de réflexion consacrée à la violence armée ; voici quelques éléments d’analyse sur les moyens de combattre ce défi. Cela n’est pas une analyse exhaustive du débat, mais peut être entrainera d’autres réflexions.

« Qu’elle provienne des crimes ou des conflits, la violence armée cause 740 000 décès chaque année. Dans leur grande majorité, ces décès sont le résultat d’une expérience directe de la violence (540 000). Près des deux tiers (490 000) surviennent dans des situations non conflictuelles. » Small Arms Survey, 2010

Malgré ces chiffres importants, le monde continue à ne pas prêter attention à ces morts.

De l’importance de nommer

Ce n’est pas facile de définir ou de créer des catégories sur la violence armée dans des situations hors conflit. Selon la définition utilisée, il y a entre 2 millions et 10 millions de personnes impliquées dans des gangs ou des groupes armés. A cause de ce manque de définition, aucun cadre juridique international ne contribue à réduire ce type de violence. Par exemple, selon la Comité Internationale de la Croix Rouge (CICR), la violence armée hors situation de conflit se trouve dans la catégorie « autres situations ». Faute de définition, très peu de recherche étudie ce sujet et encore moins de temps et d’argent sont consacrés à la réduction ce type de violence.

Chaque cas est distinct. Aujourd’hui des mots comme terroriste et vigilante (espagnol) sont utilisés si fréquemment qu’on pourrait presque croire que tous les groupes terroristes ont les mêmes motivations. C’est pourquoi, autant que possible, ces termes devraient être évités, et, au contraire, les processus sociaux, économiques, et politiques de chaque groupe militant devraient être examinés.

Il existe différentes catégories légales de violence armée : les conflits armés nationaux, les conflits armés internationaux, ceux-ci faisant tous les deux référence à une situation belliqueuse avec comme acteur des Etats et leur armée. Récemment, le Comité international de la Croix Rouge (CICR) a identifié d’autres situations : les coups d’Etat, la violence liée au maintien de l’ordre public, la violence intercommunautaire, celle des gangs pour leur territoire, celle d’organisations transnationales.

S’il est possible de créer des catégories pour décrire ces différents types de violence armée, un groupe ou une personne ne correspond que très rarement à une seule de ces catégories – créant un objet hybride, ou une nouvelle catégorie.

Des causes profondes de la violence armée

Les causes sont nombreuses et évidemment différentes selon les cas, mais beaucoup d’experts trouvent que l’apparition des groupes armés répond à un vide étatique. Autrement dit, ce vide doit être rempli et d’autres acteurs s’en chargent.

Dans le cas de violence urbaine, l’urbanisation rapide est souvent identifiée comme la cause principale. S’il s’agit bien là d’un des facteurs, c’est surtout l’absence de réseaux sociaux et spatiaux qui ouvre la voie à la création de gangs.

Comment réduire ce phénomène?

Les experts et les gouvernements commencent à reconnaître que la violence armée ne peut pas être gérée uniquement par les militaires. Les armées reçoivent souvent la mission de réduire la violence armée parce qu’elles sont formées pour gérer des crises externes, et peuvent être mobilisées très rapidement. Mais gérer la violence armée hors conflit, relève de la sécurité individuelle, d’enjeux économiques, sociaux, de questions de développement et de gouvernance, et implique donc une multiplicité d’acteurs.

Pour observer cette violence, l’Organisation Mondiale de la Santé adopte l’angle de la santé publique pour éviter la violence avant qu’elle n’explose. Cette méthode se base sur un modèle écologique et prend en compte à la fois l’individu, la famille, la communauté et la société. Mais cette approche n’est pas encore très développée et nécessite un temps d’observation de 3 à 5 ans.

Un autre élément important de la lutte contre la violence armée consiste en la destruction même du schéma d’une violence qui serait légitime. Les études montrent en effet souvent que les jeunes témoins ou victimes de la violence ont le plus de risque de devenir eux mêmes auteurs de violences. Il est donc nécessaire de détruire ce schéma, le seul qu’ils connaissent et qu’ils utilisent donc en tout légitimité.

En résumé, chaque cas de violence est distinct, devrait être étudié séparément et avoir son propre nom, et chaque solution prise en compte distinctement. Voici ce qui pourrait être la prochaine étape : comment mobiliser la communauté internationale pour lutter contre quelque chose qui reste si difficile à saisir ?

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Le Développement durable et le respect de la diversité sont intimement liés

Posté par Tristan Lecomte le 8 décembre 2010

La Fondation a, dès son origine, eu comme message que défendre la paix et encourager le Développement Durable de notre Planète passe nécessairement par le respect de la diversité des cultures et plus largement de toute forme de vie. Le Président Chirac est passionné de la cause des peuples premiers et a toujours encouragé le dialogue entre les cultures car c’est le fondement de la Paix et la garantie d’un développement plus harmonieux, riche et durable.

Face à l’hégémonie d’une pensée unique et d’un système de marche qui uniformise les goûts et plus largement les choix de société, il est nécessaire de proposer des solutions par définition variées et complémentaires. On ne résoudra pas la crise économique, sociale et culturelle actuelle avec un modèle unique, mais au contraire en travaillant la combinaison et la complémentarité des différentes visions. C’est une des caractéristiques du mouvement du Développement Durable, il est par définition attaché à la Biodiversité naturelle mais aussi par nature à la Biodiversité des approches et des solutions.

On ne sortira du pétrole que par la combinaison de toutes les sources d’énergie renouvelables ; on ajustera le modèle néolibéral actuel en l’adaptant aux contraintes sociales et environnementales propres à chaque pays ou continent ; on changera le Monde en arrêtant de créer des blocs et des oppositions entre civilisations.

A chacun de créer son modèle de vie

Une vision qui fait directement échos à la décision du Président Chirac de ne pas intervenir lors de la seconde guerre d’Irak, pour sortir de la vision duale et hégémonique des Etats-Unis de l’époque.

Le respect de la diversité des visions de chacun, leur articulation pour participer à changer harmonieusement le Monde, en laissant sa liberté à chacun, voilà un message qui donne un relief particulier à la notion de Développement Durable. Le thème est ici abordé sous l’angle de la subsidiarité, à chacun de créer son modèle de vie, plus en harmonie avec lui même et la Planète, la où le modèle actuel, souvent pensée unique, appauvrit le Monde et le mène dans l’impasse.

A nous de respecter et de participer à ces multiples visions qui enrichissent notre quotidien et participent à la construction du Monde de demain, c’est un des messages forts de la Fondation.

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Zéro nouvelle infection à VIH. Zéro discrimination. Zéro décès lié au sida.

Posté par Michel Sidibé le 1 décembre 2010

En cette Journée mondiale de lutte contre le sida, nous pouvons être fiers… Au niveau mondial, nous avons réduit de près de 20% le nombre de nouvelles infections à VIH et de décès liés au sida.

Cela signifie qu’il y a moins de personnes nouvellement contaminées par le virus et moins de gens qui décèdent à cause du sida.

56 pays ont presque tous réussi à stabiliser ou à réduire le nombre de nouvelles infections à VIH.

Pour la première fois, nous pouvons dire que nous avons brisé la trajectoire de l’épidémie de sida et atteint la première partie du 6ème objectif du Millénaire pour le développement.

Nous sommes parvenus à ce tournant décisif parce que des familles, des communautés, des gouvernements et l’ONUSIDA se sont unis afin de mobiliser le monde pour créer une dynamique sans précédent.

Nous prenons l’avantage sur l’épidémie… grâce à l’engagement politique, au leadership de tous les secteurs – y compris des chefs religieux… grâce à la science, à l’expérience, au combat de la société civile, au respect des droits humains et à la passion qui nous anime.

En cette Journée mondiale de lutte contre le sida, nous devons nous souvenir…

Nous n’avons pas enregistré ces succès sans de nombreux sacrifices. Aujourd’hui, nous pleurons des amis et des membres de nos familles – quelque 30 millions de personnes ont perdu la vie à cause du sida.

On estime à 10 millions le nombre de ceux qui restent dans l’attente d’un traitement.

Nous ne devons pas oublier que des lois punitives et la stigmatisation continuent à éloigner de trop nombreuses personnes à travers le monde des services de santé.

En cette Journée mondiale de lutte contre le sida, nous devons nous engager…

Les avancées durement acquises sont fragiles – ainsi, notre engagement vis-à-vis de la riposte au sida ne doit pas fléchir.

Participer à la riposte au sida s’est révélé un investissement payant et cet engagement doit être une responsabilité partagé pour aujourd’hui et pour demain.

En cette Journée mondiale de lutte contre le sida, nous pouvons avoir de l’espoir…

Avec votre engagement, l’ONUSIDA et la famille de Nations Unies sont en train de changer le cours de l’épidémie de sida.

J’ai lancé un appel en faveur de la quasi élimination de la transmission mère-enfant du VIH d’ici à 2015.

Rien ne me donne plus d’espoir que de savoir que c’est possible – connaître une génération sans sida de notre vivant sera l’une des plus grandes victoires de l’humanité.

Alors, en cette Journée mondiale de lutte contre le sida, agissons sans attendre – ensemble nous pouvons atteindre notre vision : Zéro nouvelle infection à VIH. Zéro discrimination. Zéro décès lié au sida.

Michel Sidibé

Directeur exécutif de l’ONUSIDA et

Sous-Secrétaire général des Nations Unies

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