Français    English   

L’Eau pour les villes : répondre au défi urbain – Journée mondiale de l’eau

Posté par Jean-Louis Oliver le 22 mars 2011

Chaque année, cette Journée mondiale de l’eau souligne un aspect particulier de l’eau douce : en 2011, l’objectif est d’attirer l’attention internationale sur l’impact de la rapide croissance démographique urbaine, de l’industrialisation et des incertitudes provoquées par le changement climatique, les conflits et les catastrophes naturelles sur les installations d’eau urbaines.

Le thème de cette année, « L’eau pour les villes : répondre au défi urbain », vise à mettre en lumière et encourager les gouvernements, les organisations, les communautés et les individus à s’engager activement pour relever le défi de la gestion de l’eau urbaine.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au début du 20ème siècle, 200 millions de personnes vivaient dans des villes, soit 14 % de la population mondiale ; depuis 2008 et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la majorité de la population habite aujourd’hui en ville ; et en 2050, la population mondiale devrait atteindre 9 milliards de personnes dont 4,5 milliards d’urbains, soit plus de 50 % de la population mondiale. La croissance exponentielle et anarchique des métropoles mondiales provoque le développement de zones de friche urbaine à la périphérie des villes, où s’installent des communautés humaines privées de l’accès aux infrastructures et aux services publics essentiels. La situation dans ces zones urbaines dégrade les conditions vie et la dignité humaine de leurs habitants, et accroit considérablement les risques sanitaires et sociaux.

L’approvisionnement en eau, la collecte puis l’évacuation des eaux usées et des eaux pluviales, la protection contre les inondations de ces villes, très souvent implantées à proximité d’une rivière, d’un lac ou de la mer, sont donc plus que jamais des priorités essentielles.

L’enjeu central est de canaliser la croissance de ces villes en donnant une vision globale planificatrice au développement urbain, avec des horizons successifs d’anticipation et fondé sur une continuité et une cohérence spatiales, dans le cadre d’une politique d’aménagement du territoire, régional, urbain et rural.

La gestion urbaine du cycle de l’eau y tient une place centrale, d’abord pour assurer l’accès à l’eau et à l’assainissement aux populations, y compris aux plus défavorisées ; mais aussi pour que l’eau devienne un élément structurant de l’espace et du paysage de la ville, à usage récréatif autour des bassins et fontaines dans les parcs et les jardins publics, mais aussi pour la gestion des risques, en aménageant les berges des rivières, avec au besoin des zones d’expansion des crues ou de stockage des eaux de pluie.

Tous les acteurs de la ville doivent être mobilisés

Tout comme les eaux de surface, les eaux souterraines, précieuse ressource mobilisable pour les populations, doivent faire l’objet de mesures de protection et de gestion intégrée et durable. La gouvernance urbaine de l’eau va bien au-delà de la seule intervention publique ; elle doit intégrer dans une même solidarité collective, les trois piliers du développement durable, économique, environnemental et social, en impliquant la société civile à l’échelle locale.

Une ville durable doit s’appuyer sur une stratégie globale concernant à la fois l’aménagement urbain et les politiques publiques mises en œuvre dans les domaines de l’éducation, la formation, la solidarité, l’emploi, etc.

Pour y parvenir, tous les acteurs de la ville doivent être mobilisés : élus, urbanistes, architectes, ingénieurs, sociologues, professionnels du bâtiment, des travaux publics, des services publics et des finances, associations, sans oublier les premiers concernés, les habitants eux-mêmes.

Il n’existe pas de modèle unique de ville durable ; chacune se construit dans un contexte géographique et historique, économique, social et culturel spécifique, en s’appuyant sur son histoire et ses racines, avec une vision de l’avenir portée par ceux qui l’habitent, dans une approche humaniste.

La rapidité du rythme de la croissance urbaine et de l’expansion des zones périurbaines s’impose aujourd’hui comme le plus grand défi pour l’accès à l’eau et à l’assainissement dans le monde.

C’est donc dans cette optique que le 6ème Forum Mondial de l’Eau, que la France et la Ville de Marseille se préparent à accueillir en mars 2012, doit permettre de renforcer la mobilisation de tous les acteurs publics, privés et associatifs concernés, en vue de répondre aux Objectifs du Millénaire pour le Développement dans ce secteur vital.

Partagez cet article :

Commentaires (1)


Et le désert est redevenu un espace immense

Posté par Jacques Godfrain le 26 janvier 2011

Le Sahel n’est pas un désert d’hommes. Il en est partout, au bout et au bord de chaque piste, au coin de chaque dune. Pour qui connaît un peu (qui les connaît beaucoup ?) ces immensités, on sait que là vivent des hommes et des femmes inscrits totalement dans cette nature hostile, mais dont ils savent à la fois s’acclimater et faire des remparts.

Leurs richesses sont leurs troupeaux, faméliques loin des points d’eau, magnifiques à la saison ou près de la maigre végétation.

Depuis des décennies, les Européens ou les Africains ont compris l’importance et la richesse du monde pastoral. Les études sur les races animales tropicales sont anciennes, dans nos écoles vétérinaires, à l’Agro, à l’école vétérinaire de Dakar.

Ces soins, ces vaccinations, ces suivis des cheptels sub-sahariens ont tissé au fil des ans des liens étroits, intimes et confiants, entre ces populations et ceux qui contribuent à leur vie et parfois leur survie.

Et puis sont venus l’ajustement structurel, l’abandon progressif de l’agriculture comme première préoccupation des financiers, les gels budgétaires, les directives des grandes institutions.

L’Homme du désert a vite compris que l’état sanitaire de son troupeau n’était pas une priorité, et qu’il ne comptait guère dans la tête de ceux qu’il avait accueillis, en touristes, en frères, en amoureux des soleils couchants, et parfois pour lesquels les grands-parents étaient morts.

Et le désert est redevenu un espace immense.

Alors d’autres hommes sont venus, ont parlé, ont aidé, ont soutenu et souvent remplacé, par leur appui et leur sens de la fraternité, les hommes blancs.

Aujourd’hui, les circonstances exigent, non pas la contrition, mais l’action.

Les forces spéciales ne suffiront pas. Il faut absolument revoir nos positions sur l’agriculture et l’élevage. Un formidable organisme existe, l’OIE (L’Organisation mondiale de la santé animale (1)) pour lequel chaque année, budget après budget, on sent les tentatives d’amoindrissement financier.

Il faut renouer le dialogue avec ceux qui soignent et donc nourrissent.

Lutter contre la faim, c’est cela ; lutter contre les médicaments et vaccins factices, c’est cela et pas l’incantation.

Lorsque la sagesse des hommes sait l’emporter sur la force des choses, alors ceux qui enlèvent ou tuent n’ont plus leur place.

Prévenir les conflits, c’est montrer aux plus démunis que la vie au bout du compte permettra au berger d’espérer, au soir de sa vie, laisser un troupeau plus nombreux que celui légué par son père.

Jacques GODFRAIN
Ancien Ministre
Membre Honoraire du Parlement
Député suppléant de l’Aveyron

(1) L’Office international des épizooties a été crée en 1924 pour combattre les maladies animales, en 2003 l’Office est devenu l’Organisation Mondiale de la Santé Animale mais a gardé son acronyme historique OIE.

Partagez cet article :

Commentaires (1)


Excellente année 2011 à tous, ainsi qu’à toutes les forêts du Monde…

Posté par Tristan Lecomte le 5 janvier 2011

Les Nations Unies ont déclaré 2011 comme l’année des forêts, ce dont nous nous félicitons à la Fondation. Celle-ci a en effet parmi ses objectifs prioritaires la lutte contre la déforestation et le soutien de filières de bois durables, en particulier parce qu’elle a conscience du lien étroit qui existe entre la préservation des forêts et la défense des peuples premiers.

Le futur de ces populations est de fait intimement lié à leur écosystème, dont ils dépendent pour vivre. Préserver leur forêt, c’est leur permettre de continuer à vivre de manière traditionnelle, de subvenir à leurs besoins en exploitant durablement les ressources de la forêt et aussi de préserver leur culture et leur langue, la forêt les protégeant de l’évolution frénétique du Monde actuel.

La déforestation d’une zone habitée par un peuple premier est très souvent synonyme d’entrée à marche forcée dans le monde occidentalisé et globalisé et de perte de repères pour ces populations fragiles. On mesure ici un des aspects de l’interdépendance très forte qui existe entre la forêt et le développement humain.

La forêt n’est pas qu’un ensemble d’arbres et de végétaux à admirer lors d’une promenade champêtre. La forêt est un immense sanctuaire de biodiversité, la première réserve d’eau douce au niveau mondial, le meilleur moyen de préserver nos sols de l’érosion, de maintenir les sols riches et donc productifs pour les récoltes, et de préserver le climat.

100 mètres carrés de forêt en moins chaque seconde

La forêt est le poumon de notre planète, un poumon en piteux état et que l’on continue de détruire au rythme de 100 mètres carrés de forêt en moins chaque seconde

Souhaitons donc que cette année 2011 soit le point de départ d’une plus grande prise de conscience de l’importance de la forêt et de ses multiples interdépendances avec les enjeux du développement humain. A tous, nous vous souhaitons, une merveilleuse année 2011… dans la forêt !

Partagez cet article :

Commentaires (0)


Le droit à l’eau, et après ?

Posté par Jean-Michel Severino le 11 octobre 2010

Les Nations Unies viennent d’accomplir une grande avancée politique et symbolique en intégrant le droit à l’eau dans les droits fondamentaux de la personne. Ainsi se trouve reconnue enfin une grande revendication universelle, qui avait vu une étape importante franchie dans la consécration d’un des objectifs du millénaire à ce sujet.

Mais chacun est conscient de ce que l’essentiel est devant nous. L’objectif réel que notre planète doit se fixer se trouve désormais dans l’accès universel à une eau de qualité. De sa réalisation dépendent l’amélioration sanitaire globale (les maladies hydriques demeurent la première cause de mortalité dans les pays pauvres), en conséquence la maîtrise de la démographie, la réduction de nombreuses tensions sociales voire de conflits ouverts, comme nous le voyons dans de nombreuses régions du monde affectées par le stress hydrique et la compétition pour l’accès à l’eau entre communautés, mais aussi la croissance économique : investir dans l’eau, c’est investir dans des mécanismes keynésiens de croissance, c’est libérer de la productivité, c’est permettre l’accès à l’école, notamment celui des filles…

Sur le chemin de cet objectif réside un gigantesque déficit d’investissement. Le résoudre exige d’apporter des réponses précises à la question du financement. Sur un sujet comme celui-ci, ainsi que le rapport rédigé sous la direction de Michel Camdessus l’avait montré, ou ainsi qu’un récent rapport de l’OCDE présenté au forum mondial de l’eau d’Istanbul l’avait précisé, nous devons marcher sur trois jambes : des tarifs adéquats qui permettent d’alimenter en ressources les organismes de gestion et d’investissement, des transferts de solidarité entre usagers, des subventions enfin, car il parait difficile que l’eau finance intégralement l’eau. Nous ne l’avons pas fait en Europe occidentale, et cela ne se fera pas dans le reste du monde, pour la seule raison que les externalités, comme disent les économistes, de son accès rendent légitiment et même exigent pour des raisons financières, que l’ensemble de l’économie via les prélèvements obligatoires participe à cet investissement.

Les subventions, une condition sine quanon

Dans le monde globalisé où nous vivons, les subventions doivent se comprendre comme gérées à l’échelle mondiale, et comprenant des transferts Nord-Sud dont l’inspiration n’est pas la charité mais la reconnaissance du fait que nous vivons dans un espace commun où nous nous influençons les uns les autres. Prenons le cas de l’Afrique. Le maintien d’un taux de croissance au-delà de 6% par an, et qui permette de réaliser progressivement l’accès universel à l’eau exige plus de 100 milliards d’euros par an d’investissements – alors que nous n’en sommes encore approximativement qu’à la moitié. Ces investissements sont étroitement liés à l’énergie, car l’eau consomme beaucoup d’énergie et que les barrages ont des usages mixtes. Il est impossible de réaliser de tels volumes d’investissements dans les dix prochaines années, compte tenu des faiblesses du prélèvement fiscal dans les pays les moins avancées d’Afrique, et de leur faible capacité d’endettement, sans des apports financiers extérieurs significatifs, dont une bonne partie en subventions. Ces apports ne se feront pas sans une amélioration importante de la conception et de la mise en œuvre des politiques locales de l’eau, et notamment de politiques tarifaires justes socialement et financièrement réalistes. C’est donc un effort commun qui doit être entrepris.

Permettre à cet effort de s’intensifier au niveau requis pour concrétiser le droit à l’eau devrait être la tâche principale du prochain forum mondial de l’eau qui se tiendra à Marseille en mars 2012. C’est une occasion exceptionnelle de passer aux actes que la France peut promouvoir. Ce devrait être l’occasion de débloquer le goulot d’étranglement financier et de brancher, au sens propre du terme, ce sujet sur celui des financements innovants. La France est motrice dans le groupe de travail qui pilote la progression de cet enjeu fondamental. En tant qu’hôte du forum de Marseille, elle a l’occasion de faire coup double : donner un sens au processus politique de ce sommet, et par là même à toute la rencontre, et un objet concret à une discussion jusqu’ici abstraite.

Partagez cet article :

Commentaires (1)


Le prochain Forum Mondial de l’Eau à Marseille en mars 2012

Posté par Jean-Louis Oliver le 22 septembre 2010

C’est au Maroc, à Marrakech, à l’occasion de la Journée Internationale de l’Eau, le 21 mars 1997, qu’a vu le jour le premier Forum Mondial de l’Eau : alors que depuis longtemps, il existait, et il existe toujours, des manifestations internationales réunissant périodiquement les professionnels de divers domaines ou métiers du secteur de l’eau, le Forum Mondial de l’Eau rassemble tous les trois ans, la troisième semaine du mois de mars, toutes les catégories d’acteurs publics, privés et associatifs impliqués dans la gestion des ressources et des différents usages de l’eau.

Ces Forums Mondiaux de l’Eau se sont ainsi succédés en Hollande, à La Haye, en mars 2000, au Japon à Kyoto, Osaka et Shiga, en mars 2003, au Mexique, à Mexico, en mars 2006 et en Turquie, à Istanbul, en mars 2009. Tous sont organisés sous l’égide du Conseil Mondial de l’Eau, créé en 1995, dont le siège est à Marseille et qui comprend aujourd’hui plus de 400 organisations issues de 70 pays.

Le Forum Mondial de l’Eau est désormais le plus grand rassemblement planétaire en faveur de l’eau : c’est un lieu de rencontre et d’échange, un système de concertation et de débat pour faire progresser les causes communes.

Le 6ème Forum Mondial de l’Eau sera accueilli par la France et la Ville de Marseille en mars 2012. Plus de 30 000 participants y sont attendus. Son organisation dans la cité phocéenne, grande métropole multiculturelle, est assurément une occasion privilégiée de faire progresser la réalisation effective des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) dans le domaine essentiel de l’approvisionnement en eau et de l’accès à l’assainissement, en pensant notamment aux populations défavorisées.

Les problèmes de l’eau dans les pays d’Afrique et dans ceux du bassin méditerranéen devront être largement pris en compte dans le cadre de ce Forum de Marseille 2012 !

Alors que la préparation de ce forum commence, un certain nombre de grands thèmes devraient figurer dans son programme :

  • le droit à l’eau et à l’assainissement,
  • l’eau et la santé,
  • la prise en compte de la dimension culturelle dans la gestion des ressources et des usages de l’eau,
  • la gestion concertée des eaux transfrontalières, y compris les aquifères partagés,
  • l’eau et les changements climatiques.

Les premiers orientations seront débattues au cours de deux journées de travail les 18 et 19 novembre prochains à Paris.

Partagez cet article :

Commentaires (0)


La nouvelle PAC devra aussi être un pacte avec les pays du Sud

Posté par Joaquin Munoz le 28 mai 2010

Alors que vont débuter les négociations en vue de la nouvelle politique agricole commune, nous voulons souligner qu’il est aujourd’hui impossible d’envisager la question agricole européenne sans examiner en même temps ses corollaires incontournables que sont la qualité de notre alimentation, le maintien de la biodiversité, le changement climatique et le développement des zones rurales dans les pays du Sud.

Il est d’abord urgent de réaffirmer la nécessité d’une politique agricole au Nord comme au Sud. L’agriculture n’est pas un secteur comme les autres. Elle est la base de notre alimentation et elle a un impact sur notre environnement, notre économie et nos territoires, tout en étant soumise aux aléas du climat. Elle est à la fois indispensable à la vie et constitue un élément d’identité structurant pour nos sociétés. C’est pourquoi elle doit être orientée par la volonté politique et non livrée aux seules lois du marché. C’est ce qu’ont bien compris les dirigeants européens de l’après-guerre lorsqu’ils ont décidé de créer la PAC.

Orienter l’agriculture européenne pour qu’elle ne produise pas de déséquilibres au Sud

Toutefois, les limites de cette politique se sont fait sentir dans les années 1980. Le soutien par les prix et les aides à l’exportation ont eu des effets pervers : impacts négatifs sur l’environnement et exportation des surplus de produits à bas coût aux pays en développement qui ont mis en péril leurs productions locales.

Malgré les réformes successives de la PAC, il est plus que nécessaire d’orienter l’agriculture européenne pour qu’elle ne produise pas de déséquilibres au Sud. En effet, si les politiques agricoles ont permis aux Etats-Unis et à l’Europe de protéger et développer leur agriculture, les pays en développement, poussés à l’ouverture de leurs frontières et à la dérégulation de leurs marchés par les institutions internationales, ont vu leurs agricultures désorganisées, découragées. Leur souveraineté alimentaire s’en est trouvée mise en danger.

C’est pourquoi la nouvelle PAC devra arrêter de monter les agriculteurs les uns contre les autres. S’il faut préserver une PAC en Europe, il faut aussi instaurer un véritable pacte avec le Sud.

Cela nécessite un changement d’approche : il faut passer d’une culture étatique à une véritable culture de coopération au sein des filières.

Passer à une véritable culture de coopération au sein des filières

Dans le monde, huit cent millions de paysans sont des agriculteurs familiaux. Ce mode de production traditionnel joue un rôle structurant fondamental dans les sociétés. Là où c’est le cas, afin d’éviter des exodes massifs, il est crucial de préserver ce modèle. Il importe même de le renforcer et d’en faire un pilier de l’organisation des agricultures en encourageant le regroupement en coopératives, lesquelles pourront à leur tour mettre au point des formes d’organisation sectorielles, d’abord à l’échelle nationale, puis dans les sous-régions. Ces organisations pourront alors prendre part à des processus participatifs pour impulser des régulations des marchés.

Les marchés du commerce équitable sont aujourd’hui l’exemple que ces régulations sont possibles. Dans ce cadre, des prix planchers garantis sont décidés à l’issue de consultations qui incluent les réseaux de producteurs ainsi que les autres acteurs économiques de la filière.

Ainsi structurés, les acteurs économiques peuvent acquérir une réelle connaissance des marchés et de leurs enjeux. C’est en effet l’une des conditions nécessaires de l’équilibre de la concurrence : qui détient l’information détient le pouvoir. Les choix de productions peuvent ainsi être faits en conscience.

Un pacte sur l’agriculture entre l’Europe et les pays du Sud devra aussi inclure une gestion durable des territoires par les communautés qui y vivent et un véritable cahier des charges environnemental permettant de promouvoir les modes de production durable qui préservent les écosystèmes.

Faire émerger des parties prenantes organisées au Sud

A l’implication des producteurs dans les filières devra s’ajouter la sensibilisation de citoyens-consommateurs plus conscients des enjeux et des conditions de production. Les produits agricoles ne doivent plus être considérés comme de simples flux de produits interchangeables. Leurs prix doivent intégrer le coût de la survie et du développement du producteur, celui de la gestion des territoires. Ils doivent aussi tenir compte des coûts cachés comme celui de la pollution, de la perte de biodiversité, qui ne doivent plus être endossés par les contribuables ou par les générations futures.

Ces mesures sont déjà expérimentées avec succès dans ce laboratoire à taille réelle que constitue le label international du commerce équitable Fairtrade / Max Havelaar. Elles pourraient inspirer les futures politiques agricoles au Nord comme au Sud, notamment au niveau de la gestion des filières agricoles transnationales. Il faudrait pour cela dépasser plusieurs écueils. Le premier est celui de l’absence de parties prenantes organisées au Sud dont il faudrait susciter l’émergence tout en résorbant les problèmes de corruption. Cela passe par le renforcement de la vigilance de la société civile dans de nombreux pays du Sud.

Il faudrait aussi changer de paradigme en sortant les denrées agricoles de la logique de libéralisation absolue des négociations de l’OMC. Enfin, il faudrait investir, d’une part pour améliorer les rendements dans la durabilité écologique ; d’autre part pour réinstaurer des instruments de régulation des matières premières agricoles.

Joaquin Muñoz

Directeur / Executive director

Association Max Havelaar France

www.maxhavelaarfrance.org

Partagez cet article :

Commentaires (1)


Terre promise

Posté par Daniel Nahon le 20 mai 2010

Daniel Nahon est Professeur à l’université Paul Cézanne, Professeur honoraire de l’Institut Universitaire de France, Ancien directeur général de la recherche au ministère, Ancien président du Cirad

Depuis que l’homme a pris possession des terres émergées, la malnutrition est à l’état endémique. Parfois la crise devient aigüe et des famines catastrophiques déciment périodiquement des pans entiers de l’humanité. Encore récemment des détresses alimentaires sont venues nous rappeler que des peuples souffrent, que des hommes meurent. Tous les spécialistes s’en mêlent aussitôt et les médias en font échos. Tout est dit… ou presque !

Le problème est simple à poser. Et si difficile à résoudre sans la détermination des hommes des pays nantis ! Il faudrait sortir chaque année environ 22 millions de personnes de la malnutrition et l’on n’en sort que 6 millions alors que chaque semaine s’ajoutent 2 millions de bouches à nourrir supplémentaires. Si bien que les affamés qui en 2001 étaient près de 850 millions atteignent 1 020 millions en 2009. Une augmentation de 25% en moins d’une décennie. Presque un humain sur sept souffre de la faim et 29 000 personnes en meurent chaque jour, dont une majorité d’enfants. Ces chiffres sont étourdissants et pourtant réels. Tout un autre monde qui s’éteint sans bruit au cœur du monde !

Le sol et l’eau : deux ressources naturelles essentielles et indissociables

Mais qu’avons-nous en face pour nourrir les êtres humains et notamment les plus démunis ? Le sol et l’eau ! Deux ressources naturelles essentielles et indissociables qui si on n’y prend garde limiteront la production alimentaire en 2025.

Sur les 14,84 milliards d’hectares de terres émergées, en tenant compte des surfaces recouvertes de glace, de sables vifs, de roches à nu, de lacs ou mers intérieures, les sols en eux mêmes ne couvrent que environ 11,5 milliards d’hectares (un hectare correspond à 10 000 m2, soit un carré de 100 mètres de côté) dont seulement 2,5 milliards sont arables. Pas plus, pas moins ! Les sols dans leur plus grande part ne sont donc pas cultivables car situés dans des zones trop en pente, dans des régions trop froides, voire glacées (permafrost), dans des aires trop arides, trop humides, ou tout simplement parce que les terres sont trop pauvres ou trop peu épaisses. 2 500 millions d’hectares, c’est peu : environ 50 fois le territoire français. Et déjà près de 1 600 millions d’hectares sont cultivés, parmi lesquels 70 millions sont dévolus aux biocarburants, 300 millions d’hectares sont irrigués dont 50 millions devenus inexploitables par salinisation excessive. Bien plus, ce sont chaque année pas moins de 8 millions d’hectares de terres arables qui sont soustraites par maltraitance, par destruction, par ignorance : 6 millions d’hectares sont ainsi abandonnés par perte de fertilité suite à la déforestation, à l’érosion, à la salinisation… et 2 millions sont perdus par urbanisation. À en croire même les chercheurs de l’INRA qui se basent sur une moyenne calculée sur les 25 dernières années du XXe siècle, ce sont 12 à 16 millions d’hectares de sols à cultiver qui disparaitraient chaque année. La désertification quant à elle progresse aux dépends de terres arables ou non fertiles au rythme de près de 14 millions d’hectares par an, presque autant que les forêts disparaissent !

La terre féconde s’épuise sous nos yeux !

À l’évidence le sol n’est pas une ressource renouvelable à l’échelle humaine : sa vitesse de formation se mesure en dizaines de millénaires et pour les plus épais situés dans les zones humides tropicales en centaines de milliers d’années, ce qui en fait les plus fragiles alors que les « réserves » en terres arables se situent dans ces régions. La terre féconde s’épuise sous nos yeux ! Elle fait le plein de nos déchets, de nos oublis, mais cela ne suffit pas. On veut produire plus, alors on la sature de vitamines chimiques de toutes sortes : engrais, pesticides. La terre n’en peut plus, elle se dépeuple de ses micro-organismes qui y vivent par milliards dans chaque centimètre cube, jouant un rôle d’assistante sociale entre les plantes, régulant les toxines et les métaux lourds, démontant toute la matière organique morte de la litière pour en restituer des molécules assimilables par les racines de plantes. Sans les bactéries et les microchampignons, la Terre serait jonchée de cadavres !

Enfin tout ce petit monde contrôle environ 50 % des émissions de gaz à effet de serre : gaz carbonique, méthane, oxyde nitreux, vapeur d’eau. Une terre sans cette biodiversité ne serait plus productive. Et l’homme situé au cœur de ce tissu vivant ne pourrait plus nourrir ses semblables. Il faut endiguer cette effusion de terres arables et les garder en vie. Elles sont pourtant si précieusement comptées pour nourrir le monde. Le sol émet et capte les gaz à effet de serre. C’est le plus grand moteur du monde. C’est lui qu’il nous faut réguler en premier.

Chaque jour un peu plus d’eau salée et un peu moins d’eau douce

De nombreux travaux récents viennent nous alerter sur la consommation mondiale excessive d’eau douce. Notre planète possède 35 millions de km3 d’eau douce dont environ 70 % sont stockés sous forme de glace donc inaccessibles pour notre consommation de tous les jours. Les 30 % restant remplissent lacs et marais, saturent l’atmosphère de vapeur d’eau et se condensent en précipitations, coulent dans les rivières, les fleuves et les nappes souterraines. Chaque année, l’homme y puise pour ses besoins 7 450 milliards de m3 (7 450 Gm3/an) dont 86 % exploités à des fins de production agricole. L’eau douce entre dans le cycle global de l’eau et apparaît comme une ressource naturelle renouvelable. Mais voilà, la consommation d’eau douce par personne a été multipliée par deux en un siècle et en l’utilisant à outrance notamment pour l’agriculture, l’eau change de statut : il y a chaque jour un peu plus d’eau salée et un peu moins d’eau douce. Et celle-ci commence à manquer dans certaines parties du monde, là où l’eau de pluie tombe insuffisamment car les hommes tirent dans les réserves que sont les fleuves et les nappes profondes pour irriguer et s’alimenter. 20 % des terres cultivées sont irriguées et produisent à elles seules les deux tiers de la nourriture mondiale. Dans la prochaine décennie, il faudrait près de 1 000 milliards de m3 d’eau d’irrigation supplémentaire et cinq fois plus pour subvenir aux besoins alimentaires de la population qui se profile en 2050. Et le réchauffement climatique vient exacerber cette pénurie annoncée d’eau douce.

Il existe pourtant des solutions.

Pour les aborder, il nous faut regarder sous nos pieds. L’avenir de l’humanité est toujours là et non dans la simple analyse économique des systèmes de production. Le sol et l’eau qui y pénètrent sont comptés. Il faut les protéger et apprendre aux hommes qui s’en occupent, à les préserver. Car bientôt ces hommes, cultivateurs, éleveurs, ne seront plus qu’une poignée de quelques centaines de millions et devront veiller à ce que dix milliards de personnes dont 80 % de citadins ne meurent pas de faim. Donner un prix au sol arable et à l’eau douce, apprendre à les économiser, inventer des plantes qui économisent la goutte d’eau, la molécule de pesticide, protéger la vie microbienne que la terre recèle.

Alors que le sol et l’eau ont constitué le soubassement fécond qui a permis à l’humanité d’éviter la paucité puis de se développer en civilisations ingénieuses et innovantes, ils sont aujourd’hui maltraités et mis en péril. C’est là que se situe l’ambigüité du comportement humain. L’homme ne peut pas laisser mourir en silence ces deux ressources sans en subir directement les conséquences. Le temps est lui aussi compté en décennies avant d’atteindre un seuil au delà duquel tout deviendrait irréversible et même la science y perdrait pied. Une prise de conscience collective est urgente certes, mais il faut que nos grands dirigeants montrent la voie de passage.

Partagez cet article :

Commentaires (1)


En finir avec le « réchauffement climatique »

Posté par Fondation Chirac le 24 mars 2010

Si changement climatique il y a, quelle sera sa cartographie ? Chacun imagine bien que le réchauffement ou le stress hydrique ne seront pas identiques partout. Cependant la question de la carte du changement climatique n’est pas seulement une question pour scientifiques ou curieux. C’est une question politique : il en va de la capacité à convaincre, à mobiliser des esprits rendus sceptiques.

La tentation de renoncer à prévenir le changement climatique

S’il n’y a pas un fond d’évidence constatable dans les affirmations des scientifiques, alors on jettera le bébé avec l’eau du bain… D’autant que la tentation de renoncer à prévenir le changement climatique est grande : les Etats qui devraient se montrer exemplaires sont appauvris par la crise ; le monde s’est divisé ; chacun se replie sur soi et cherche de bonnes raisons de différer et de douter… Et si, par bonheur, le changement climatique était un mythe ? Chacun se prend à rêver d’une supercherie scientifique qui dispenserait de faire les pénibles sacrifices réclamés par le rapport Stern.

Alors comment convaincre les Européens de se mobiliser pour lutter contre le réchauffement après un hiver parmi les plus froids des dernières décennies ?

Et pourtant, ailleurs, le changement climatique n’a rien d’un mythe. La sécheresse dans le nord de la Chine est sans précédent. Une grande partie du Proche-Orient intérieur a soif. Il faut des trains de camions d’eau pour alimenter l’Est de la Syrie, là où l’agriculture pluviale est née et au presque plus rien ne pousse depuis trois ans.

Si l’on veut continuer à mobiliser, l’idée de changement climatique ne peut plus être seulement associée à l’idée de réchauffement. Elle ne devrait plus circuler aujourd’hui sans sa « carte », une carte d’identité précise, une carte qui puisse permettre à chacun de le reconnaître.

A quoi ressemble la carte du changement climatique

Que devrait-il se passer si la théorie est juste ?

- d’abord la continentalisation accrue aux latitudes moyennes : avec plus de pluie, de neige, d’inondations, de fraîcheurs sur les façades maritimes des moyennes latitudes, le phénomène étant plus net sur les façades occidentales des continents de l’hémisphère nord : les Etats-Unis, la Chine occidentale, le Japon. L’accentuation des précipitations devrait également se faire sur les massifs montagneux avec tous les dangers d’une torrentialité accrue pour l’aval. En même temps, aridité et sécheresse accrue dans le centre des continents : les grandes plaines américaines, notamment à l’Ouest du Mississippi, les plaines de haut plateaux de l’Eurasie du Don aux plaines du Nord-Est chinois…

- Ensuite l’aridité accrue aux tropiques avec peu d’exceptions et des conséquences pour la zone subtropicale : le Nord de l’Inde, la Méditerranée, l’Afrique du Sud, le Mexique et l’Amérique centrale vont connaître un accroissement presque généralisé du stress hydrique.

- Une situation plus compliquée autour de l’équateur avec des plus qui peuvent prendre des allures catastrophiques mais aussi des déficits localisés qui peuvent perturber l’équilibre d’écosystèmes fragiles.

Ces données, bien recensées par exemple par le German Advisory Council on Global Change méritent d’être mieux connues. Elles signifient que l’eau est au cœur des problématiques politiques de demain plus encore que ne l’avait prédit le rapport Camdessus, et que les investissements pour se ré-équiper, partout, vont être considérables. La solidarité pour l’eau, pour la prévention des dommages qu’elle peut causer, pour compenser et gérer les pénuries, pour assurer l’approvisionnement des villes, la solidarité pour l’eau est une politique d’une importance comparable à la prévention des émissions de gaz à effet de serre.

Retrouver des cartes réalisées par

German Advisory Council on Global Change

Partagez cet article :

Commentaires (0)


Objectifs du Millénaire : le défi de la croissance

Posté par Jean-Michel Severino le 18 novembre 2009

Refusant de se résigner à la pauvreté, la communauté internationale s’est dotée en l’an 2000 d’une série d’objectifs ambitieux de développement à atteindre d’ici 2015. Ils concernent, entre autres, la réduction de la faim, l’accès à la santé, à l’éducation et à un environnement durable. Ces objectifs, qui réunirent derrière eux l’ensemble des pays du globe engagés sous la bannière de l’ONU, ont permis de replacer les individus et leurs besoins les plus fondamentaux  au cœur des politiques.

Plus important encore, ils ont favorisé une véritable « objectivation » des besoins auxquels sont confrontés les pays en développement, faisant entrer les politiques d’aide dans une logique de résultats mesurables. Peu de grandes politiques publiques ont su évoluer de manière aussi radicale. Les critiques parfois adressées contre les indicateurs retenus sont donc bien peu de chose au regard de la portée de la nouvelle philosophie qui sous-tend les OMD.

Comment favoriser les progrès de demain ?

La véritable question est ailleurs : puisque ce sont les résultats concrets de développement qui doivent retenir notre attention, où en sommes-nous aujourd’hui, et comment favoriser les progrès de demain ? Le bilan provisoire est mitigé. Alors qu’il reste moins de la moitié du chemin à parcourir avant la date butoir de 2015, il semble que la plupart des objectifs ne seront pas atteints. Et les crises – alimentaires et économique- ont déjà ralenti certains progrès, voire inversé la tendance. Si l’objectif global de réduction de la pauvreté devrait être atteint d’ici 2015, ce sera essentiellement grâce au formidable décollage des géants indiens et chinois.

Quelles sont les clés de ces résultats? Quels sont les ingrédients permettant à l’alchimie de se produire et aux objectifs d’être atteints in fine? Il semblerait que l’on ait trop souvent oublié l’un des ingrédients essentiels : l’atteinte des OMD passera par le soutien à la croissance économique.

Car il serait vain de penser que les progrès dans le domaine de la santé ou de l’éducation pourront être atteints uniquement grâce à des investissements massifs dans les secteurs en question. Seule une croissance soutenue permettra une accélération de ces progrès sur le long terme. Que seraient des hôpitaux flambants neufs sans médecins formés, et que seraient de nouvelles salles de classes sans professeurs ? Des résultats durables en matière de développement impliquent donc des investissements durables (via le soutien aux projets d’infrastructure, d’énergie ou encore de communication) dans la croissance économique des pays concernés. N’est-ce pas d’abord par une croissance économique soutenue que les pays aujourd’hui émergents ont permis à des millions de leurs habitants d’accéder aux services sociaux de base ?

Dans un contexte africain marqué par l’explosion démographique, l’APD seule ne peut fournir l’accès à ces services. Nul doute, en revanche,  qu’une croissance stable pourrait constituer la clé d’une accélération des progrès sociaux synonymes d’atteinte des OMD ; peut-être pas partout dès 2015, mais certainement en 2030 ou en 2050. Pour cela il faudra accompagner les processus de croissance sur le long terme, et favoriser les conditions dans lesquelles ses fruits pourront être le plus largement partagés par les générations présentes et futures. Car seule une croissance soutenable et équitable permettra de transformer les bénéfices économiques en bénéfices sociaux.

Penser la gestion des conséquences sociales de la crise

Faut-t-il dès lors abandonner tout soutien aux politiques sociales ? Certainement pas. Le contexte actuel exige une vigilance accrue de la part des acteurs du développement, face à l’accroissement des inégalités dans les pays les plus pauvres. Il est urgent de penser la gestion des conséquences sociales de la crise et l’adaptation des sociétés en développement à ces bouleversements. Il faudra ainsi trouver les « courroies de transmission sociales » permettant d’assurer la protection des plus démunis : il est de notre rôle en tant que développeurs de renforcer ces secteurs permettant d’étendre les services sociaux au plus grand nombre, et de les protéger des effets immédiats de la dégradation de leur situation socio-économique, tels que la microfinance ou encore le soutien à l’agriculture.

C’est donc un double processus d’accompagnement qui doit être proposé : accompagnement des pays vulnérables dans leur ensemble, dans le but d’enclencher un cycle vertueux de croissance, et accompagnement des laissés-pour-compte de la croissance au sein des pays concernés.

De ce juste équilibre entre l’enclenchement de la croissance et le soutien aux politiques sociales naîtront les conditions de l’atteinte des Objectifs du Millénaire. Un défi développemental à la mesure de notre temps.

Partagez cet article :

Commentaires (1)


Bienvenue sur le blog de la fondation Chirac

Posté par Fondation Chirac le 25 octobre 2009

Quatre axes, l’accès à l’eau et à l’assainissement, l’accès aux médicaments de qualité, la protection de l’environnement et de la diversité culturelle, ont été choisis par le Président Jacques Chirac pour sa fondation. Tous convergent vers un seul et même objectif : la prévention des conflits. Car la paix est menacée par les conflits non résolus ou les crises, mais également fragilisée désormais par les atteintes à l’environnement et le risque de voir demain les réfugiés climatiques se compter par millions. Elle est également sapée par les faillites de la solidarité sociale, par l’écrasement des cultures singulières, par la recrudescence des conflits identitaires.

Ces thèmes correspondent à des enjeux majeurs de notre époque, ils sont l’objet de débats, de recherches et d’innovations quotidiennes à travers le monde. Ce blog, à sa modeste mesure, souhaite offrir au public un espace de discussion sur ces sujets. Franck Debié, Directeur général de la fondation, Geneviève Ferone, Directrice du développement durable chez Veolia Environnement, Rozenn Milin, Déléguée générale pour la diversité culturelle de la fondation et Directrice du programme Sorosoro, et Jean-Michel Severino, Directeur de l’Agence française de développement, partageront chaque semaine leur opinion :

- Franck Debié en matière de géopolitique,

- Geneviève Ferone sur l’environnement et l’énergie,

- Rozenn Milin sur la diversité culturelle,

- Jean-Michel Severino sur le développement.

La fondation Chirac veut favoriser l’échange des idées, des techniques, des valeurs et contribuer à créer un maillage toujours plus étendu de connaissances et de pratiques qui engendre par lui-même du développement durable. Chacun est donc invité à leur répondre et à partager ses son point de vue avec eux. Ce blog est le vôtre, à vous d’en faire un espace vivant de réflexion et d’échanges.

Partagez cet article :

Commentaires (4)